Faire tomber les tabous

Les récents résultats de l’enquête TiMMS ont mis en lumière les grandes difficultés de nos élèves en mathématiques. Ces résultats viennent confirmer une tendance lourde de l’école française, pointée par toutes les enquêtes internationales : L’effondrement du niveau global des élèves.
À chaque fois qu’une enquête constate cette baisse du niveau, les explications données et les solutions envisagées relèvent le plus souvent de l’idéologie ou de la posture et laissent de côté la réalité du terrain. Par exemple, certains préconisent systématiquement comme solution l’augmentation du nombre de professeur dans l’éducation nationale sans jamais avoir le courage de poser la question de la qualité des recrutements et de l’enseignement.

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Photo par Estée Janssens sur Unsplash

Pourtant certaines solutions relèvent du bon sens le plus élémentaire : par exemple, l’action sur les emplois du temps. Dans la plupart des cas, les emplois du temps sont fait en fonction des contraintes de lieux ou de matériels. La question de la qualité des apprentissages n’intervient que très rarement dans ces choix. Dans bon nombre d’établissements, on commence par placer dans les emplois du temps les disciplines qui ont des contraintes de salles et d’équipement particulier. En collège, cela correspond par exemple à l’EPS, à la Technologie, aux sciences. Ensuite, sont placées les disciplines qui bénéficient d’un enseignement en demi-groupe : par exemple, dans certains établissements les langues. Dans cette configuration, les disciplines qui sont placés en dernier dans les emplois du temps, là où il reste de la place sont les disciplines qui ne répondent à aucune de ces exigences c’est-à-dire les lettres, les mathématiques et l’histoire-géographie. On ne peut pas se plaindre de la baisse du niveau des élèves et en même temps ne pas les mettre dans des conditions favorables pour recevoir les enseignements fondamentaux que sont les enseignements de français et de mathématiques.

Dans certains établissements, les équipes de direction tentent de prendre en compte le bien-être de l’élève en allégeant sa charge de travail quotidienne. Cette démarche est louable, car elle a pour but de faciliter les apprentissages mais elle ne fait que rajouter une contrainte supplémentaire sur les emplois du temps. Fondamentalement, cela ne résout en rien la place accordée dans la semaine aux enseignements fondamentaux qui sont essentiels pour la compréhension des autres disciplines.

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Photo par Dmitry Ratushny sur Unsplash

Il nous semble donc urgent, et nécessaire, pour inverser la fâcheuse tendance dans laquelle se trouve l’école française, de faire évoluer la logique de répartition des enseignements dans les emplois du temps des élèves. Il faut avoir le courage de poser le débat qui consiste à savoir si l’ambition de l’école et de faire des emplois du temps pour les enseignants ou pour les élèves. On peut très bien comprendre la dimension bienveillante des équipes de direction qui consiste à offrir aux enseignants un emploi du temps confortable, dans un soucis de paix sociale, de confort et de gestion des ressources humaines. Mais, face à l’urgence de la dégradation du niveau de nos élèves, ne faut il pas repenser l’organisation du temps scolaire en ayant comme principal soucis l’efficacité des apprentissages fondamentaux ? Ce choix est un choix qui ne peut pas relever de la seule communauté éducative c’est un choix politique au sens noble du terme cela doit être le choix de la nation porté par une volonté politique forte .

Th.Reyser

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1 réponse

  1. Très intéressant article dont je partage l argumentaire.
    Que de sujets « tabou » en effet dans l Éducation !
    Je me souviens d un de mes cours d anglais « casé » de 17h à 18h le lundi avec une classe ayant eu 6h de cours avant le mien !….. Oui oui, je vous assure…
    Ma tentative argumentée pour faire modifier cette heure aberrante, épuisante et inutile s est soldée par un conflit douloureux avec un proviseur adjoint borné….. J ai eu gain de cause mais j ai souffert de son indifférence notoire à tous les projets auxquels j ai travaillé.
    Autre tabou à lever : celui de la formation des chefs d établissements.

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