La Cantine et le restaurateur

A l’heure où les polémique gagnent même nos cantines scolaires, il pourrait être utile d’aborder certaines questions sous l’angle de la solidarité et de la mobilisation de toute les compétences.

Depuis une vingtaine d’années, le village alsacien de Niedermorschwhir confie la cantine scolaire à l’un des restaurants du village afin, de sauver l’école communale (voir l’article). Non seulement, l’école s’est maintenue, mais cela permet aux restaurateurs du village de dégager un revenu stable et de faire découvrir aux élèves d’autres pratiques culinaires que la cuisine scolaire. Pourquoi ne pas faire de cette idée, pleine de bon sens, un modèle à suivre ? Pourquoi ne pas faire acte de solidarité en ces jours si difficiles ce qui permettrait en même temps de résoudre une des problématiques majeures qui se posent dans les écoles depuis les réouvertures du printemps dernier : celui de la restauration scolaire.

Depuis près d’un an, les restaurateurs se plaignent, à juste titre, de ne pouvoir exercer leur activité et de maintenir les emplois. Si on donnait la possibilité à ces restaurateurs de se transformer, chaque midi, en cantine scolaire, on pourrait leur garantir un minimum d’activité et de revenus qui pour beaucoup seraient une bouffée d’air. Cela va s’en dire qu’il est impensable d’ouvrir un tel dispositif à des chaînes de restaurants qui sont dans une logique industrielle, ni d’encourager la malbouffe. Il s’agit de maintenir l’emploi des acteurs locaux, tout en soulageant les personnels de cantine.

Il faut également voir la portée éducative d’une telle mesure : elle permettrait d’inscrire pleinement les élèves dans une démarche d’éducation au goût et à la qualité alimentaire. Cette mesure aurait également un impact social majeur en tissant un lien entre des populations et leurs restaurateurs.

On peut également envisager de telles mesures avec des partenaires culturels. Par exemple, pourquoi ne serait-il pas possible de faire des visites virtuelles de musée pilotées par un guide officiel. Une classe peut suivre, avec un dispositif de caméra embarquée, un guide qui ferait visiter une exposition, un bâtiment historique ou une partie d’un musée. Si ce genre de dispositifs ne permet pas de maintenir une rentabilité économique, il permet au moins de maintenir vivant les lieux de culture. Nos établissements scolaires pourraient également se transformer en résidences d’artistes, au moins temporairement et dans le respect des règles sanitaires. Qu’y a-t-il d’aberrant à accueillir un artiste dans un établissement qui compte plusieurs dizaines de professeurs ?

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Photo par Sam Moqadam sur Unsplash

Il y a certainement beaucoup d’autres initiatives de ce type qui pourraient émerger un peu partout sur le territoire et qui sont autant de petits gestes de solidarités. Nous sommes prêts à ouvrir nos colonnes pour relayer toutes les bonnes idées.

Th.Reyser

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