Manifeste

Les événements de l’année 2020 sont venus nous rappeler à quel point l’École occupe une place centrale dans notre société. Pour autant, si, régulièrement, elle est au cœur d’échanges polémiques, elle demeure absente des grands débats publics, notamment lorsqu’il faut décider de l’avenir du pays.

Parlons d’école est né de ce constat et de la volonté de faire naître un lieu de dialogue, d’échanges et de débats sur l’éducation. Ce lieu, c’est l’endroit où l’on se rencontre, où l’on discute, où l’on s’oppose mais toujours dans le respect de l’autre, car les enjeux de l’école sont un bien commun. Ce lieu, c’est la place centrale de notre village, de notre ville,… C’est la place de la République. Cette place, c’est là où se nouent les projets les plus simples et les plus ambitieux. C’est la place où l’on se parle, et non le lieu où l’on s’invective. Cette place est ouverte aussi bien aux acteurs de l’école, qu’à ceux de l’éducation, et notamment aux familles, ainsi qu’à tout citoyen soucieux de ces préoccupations.

Parce que débattre n’est pas une fin en soi mais une étape dans un processus de construction intellectuelle, nous souhaitons alimenter nos travaux par des réflexions et des analyses de personnes impliquées dans les questions éducatives. A cette fin, le site accueillera régulièrement des tribunes et des propositions. Celles-ci se doubleront progressivement d’espaces de documentation, de statistiques et d’informations qui permettront d’enrichir nos discussions.

Nous voulons aussi insister sur les réussites plutôt que d’être un espace supplémentaire qui relaye une image négative de l’éducation. Le meilleur moyen de remercier les enseignants, c’est de montrer ce qu’ils savent faire. Ainsi, nous voulons être fidèles à l’esprit de Lucien Germain et d’Albert Camus : quel plus bel hommage peut-on décerner à un professeur que ces mots que le romancier adressa à son instituteur avant de recevoir le prix Nobel de littérature : « vos efforts, votre travail et le cœur généreux que vous y mettiez sont toujours vivants chez un de vos petits écoliers qui, malgré l’âge, n’a pas cessé d’être votre reconnaissant élève ! » La réponse de M. Germain, si émouvante et pleine de modestie, nous rappelle également ce que nous devons à nos professeurs : si « l’enfant, bien souvent, contient en germe l’homme qu’il deviendra », le pédagogue est celui qui sait « respecter ce qu’il y a de plus sacré dans l’enfant: le droit de chercher sa vérité. » Nous revendiquons cet héritage du dialogue entre un élève reconnaissant et son instituteur emprunt d’une exigence bienveillante et nous aimerions, non seulement en être digne, mais également lui redonner tout son sens et l’étendre à l’ensemble des acteurs de l’éducation.

Pour conclure, il faut répondre à la question essentielle : pourquoi ce projet ? Dans quelques mois va s’ouvrir une nouvelle campagne présidentielle. Jamais dans l’histoire récente de la République, l’école n’a été au cœur des enjeux électoraux. Nous souhaitons que les débats que nous allons initier viennent alimenter cette campagne. Nous souhaitons soumettre les résultats de nos échanges sous forme de synthèse aux futurs candidats et les pousser à faire de l’école un des sujets majeurs de l’élection de 2022.