Un combat intellectuel à mener

L’affaire des réunions racisées de l’UNEF qui agite le monde médiatique et la classe politique est révélatrice des errances d’une partie des corps constitués français. L’UNEF n’en est ni à sa première manifestation de sectarisme et ce n’est pas le seul mouvement syndical ou politique à se jeter dans la béance du communautarisme.

Cette affaire témoigne de nombreux maux de notre société : au premier rang des quels l’incapacité à penser pas soi même et l’adoption aveugle de tous les délires intellectuels américains. Cette affaire illustre, également, l’émergence d’un système de valeurs dans lequel la morale remplace le droit puisque certaines discriminations deviennent légitimes au nom d’intérêts moraux supérieurs. Il ne s’agit ni d’un retour en force du politique ou du religieux, mais du fanatisme. Cette triste affaire a quelque chose d’orwellien : l’impression d’entendre les moutons de la ferme des animaux.

Mais par delà ce constat, il y a un autre point que l’on ne peut passer sous silence. Il y a encore quelques mois, ou quelques années, ces étudiants étaient nos élèves. Tout au long de leur scolarité, ils ont reçu des cours d’Éducation Morale et Civique. La thématique de la lutte contre les discriminations est une thématique récurrente dans les programmes. A quel moment, ont ils pu intégrer que l’on hiérarchisait les discriminations ? Dans quelles circonstances, ont ils pu développer que certaines discriminations sont légitimes et que d’autres non ? Car c’est bien de cela dont il s’agit dans cette sordide affaire ; discriminer un blanc, qui plus est s’il est un homme, est légitime car tous les hommes blancs sont l’incarnation de la domination.

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Photo par Mathew Schwartz sur Unsplash

C’est donc en tant que professeur d’histoire et d’EMC que je m’interroge. Que vaut mon enseignement si mes anciens élèves adhérent à une telle négation des principes humanistes ? Que vaut notre université si elle n’est pas capable de combattre intellectuellement de telles attaques envers l’universalisme ? Car c’est bien de cela dont il s’agit : un combat intellectuel contre une nouvelle forme d’obscurantisme qui s’incarne dans la cancel culture et la légitimation de discriminations. S’il est logique que l’État, par l’intermédiaire d’un ministre, porte le combat sur le plan du droit ; c’est avant tout un combat intellectuel qu’il faut mener.

Th.REYSER

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1 réponse

  1. mars 24, 2021

    […] « Un combat intellectuel à mener », Thomas Reyser se demande avec raison ce qui en interne dans les enseignements a pu amener aux […]

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