Une fin de carrière en douceur

S’il est un temps difficile pour de nombreux enseignants, c’est celui qui précède la retraite. Nous avons tous vu dans notre entourage professionnel des collègues finirent leur carrière de façon douloureuse. Je me souviens de cette amie qui fit ses cinq dernières années sous anxiolytiques, ou de ce collègue qui régulièrement, durant ses deux dernières années, avait les larmes aux yeux. Heureusement, la plupart de nos collègues ne connaissent pas des fins de carrière aussi compliquées mais quasiment tous sont amers et désabusés.

On peut également être étonné par le fait que cette souffrance s’accompagne d’une perte inestimable de compétences pour l’Éducation Nationale, et pour la Nation. Le métier de professeurs est un métier dans lequel l’expérience accumulée est une richesse. Le savoir faire pédagogique, l’attitude face aux situations complexes s’acquiert avant tout en classe, face à des élèves. Or, cette expérience professionnelle s’évapore avec la retraite et personne n’en bénéficie. Que cette richesse pourrait être précieuse pour un jeune professeur si elle lui était transmise ! Que ce savoir faire pourrait être utile à l’Institution si nous savions le faire fructifier et le diffuser !

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Photo par Scott Graham sur Unsplash

Soyons ambitieux et audacieux en essayant d’associer début et fin de carrières. Pourquoi ne pas imaginer que la formation des futurs professeurs de l’Éducation Nationale soit assurée par des enseignants en fin de carrière ? Ne serait-il pas judicieux, qu’un enseignant à qui il reste 2 ou 3 ans à faire, partage ses classes avec un futur enseignant et lui passe ainsi progressivement la main ? Un tel dispositif permettrait à la fois une entrée plus sereine dans le métier et une fin de carrière plus gratifiante. Un tel dispositif permettrait, également, que des années d’expérience ne se volatilisent pas du fait d’un départ à la retraite. Un tel dispositif offrirait un horizon serein pour de nombreux enseignants.

Cette ambition supposent de sortir du modèle de formation qui a existé depuis la création des IUFM. Tout le monde s’accorde à dire que la formation des enseignants est insuffisante, voir inefficace, mais personne ne questionne le bien fondé de ce modèle qui est en partie responsable de l’état de notre école.

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Photo par Ave Calvar sur Unsplash

Chaque enseignant, à qui il reste quelques années de carrière, doit pouvoir se porter volontaire pour être le Mentor d’un futur collègue, qui, à terme, occuperait son poste. Il est important qu’un tel dispositif fonctionne sur la base du volontariat afin de ne pas remplacer une situation pénible par une autre. Enfin, quel progrès social serait ainsi accompli en garantissant un début et une fin de carrière en douceur. Cela permettrait également d’apaiser certains parents inquiets de confier leur enfant à des professeurs inexpérimentés.

Th.REYSER

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1 réponse

  1. janvier 7, 2021

    […] Le dernier aspect repose sur la formation. Il faut en premier lieu développer une véritable culture du retour d’expérience dès la formation initiale. Mais pour que celle-ci soit efficace, elle ne doit pas se faire dans une logique d’évaluation sanction par des formateurs qui ne sont pas au contact de l’établissement et des élèves du professeur stagiaire. Cette logique de retour d’expérience doit se faire dans le cadre d’un monitorat entre pairs au sein d’un même établissement comme nous l’avons déjà préconisé dans les tribunes entrer dans le métier et une fin de carrière en douceur. […]

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